Les célébrations musicales autour de cet évènement sont bien discrètes, particulièrement en France. Schumann serait-il moins accessible que les autres compositeurs romantiques de son temps, tels Liszt, Mendelssohn ou Chopin ? Honnêtement, quels thèmes schumanniens nous trottent dans la tête à l'instant même ou bien en cherchant dans notre mémoire ? Hormis ceux des Scènes d’enfant, des Lieder parmi les plus connus, du célèbre Concerto pour piano et orchestre en la mineur et de l’indémodable « petit cavalier » pour piano solo ?

Les jeunes musiciens découvrent la plupart du temps le répertoire de Schumann grâce à son Album pour la jeunesse enrichi de sa préface et de ses conseils précieux. C’est seulement plus tard que les mélomanes se laissent toucher par ses véritables chefs d'oeuvres. Il faut probablement acquérir un peu de maturité pour écouter et interpréter Schumann, particulièrement:

La Fantaisie en do M pour piano, op.17,(1836-1838)
les Kreisleriana (1838),
le Carnaval de Vienne, (1839-1840)
le Concerto en la m pour piano et orchestre, op. 54,(1841-1845)
la Sonate n° 3 en fa m pour piano, op.14 (1835),
l’ Oratorio le Paradis et la Péri, op. 50, pour voix solistes, choeur et orchestre (1843),
le Concerto pour violon et orchestre (1853).
L'oeuvre pour orgue (ou piano-pédalier), en général parfaitement ignorée de tous:
les Six Pièces en forme de canon,op 56
les Quatre Esquisses,op 58
les Six fugues sur le nom de B.A.C.H, op 60
et bien d’autres pièces musicales.

Robert Schumann est-il vraiment complètement oublié en cette année 2010 ?


Quelques évènements musicaux récents nous feraient bien croire le contraire, en voici deux incontournables:

La parution de l’intégrale Schumann par Eric Le Sage dont neufs volumes sont déjà enregistrés.

Le concert Anniversaire proposé par Arte.tv et Arte + 7 diffusant deux œuvres de Schumann, (accessibles encore pendant quelques jours):

L'ouverture de La Fiancée de Messine op. 100 en ut mineur et la Symphonie du Printemps, (Symphonie n° 1 en si bémol majeur op. 38) par l’Orchestre Philharmonique de Chambre Allemand de Brême, dirigé par le chef d’orchestre estonien Paavo Järvi (Deutsche Kammerphilharmonie Bremen).

On pourra compléter ce programme musical par la lecture de deux essais de Michel Schneider consacrés à Robert Schumann, «La Tombée du Jour, Schumann» (Ed. Seuil, coll. Points) et « Schumann, les Voix intérieures» (Ed. Gallimard), tous deux écrits sous l'égide des Chants de l'aube,(Gesänge der Frühe) op. 133 pour piano, Å“uvre ultime du compositeur si tourmenté.

Il restera encore, pour les plus curieux d'entre nous, à visiter les pages plaisantes que lui réserve le site de Radio France

avant d'achever ce bref parcours en pays schumannien
en écoutant Eric Le Sage évoquer Schumann :



et en admirant Martha Argerich interpréter ici le début du
Concerto en la m, avec le Leipzig Gewandhaus Orchestra dirigé
par Riccardo Chailly.



Emilie A.